Par la motion 24.4259, le parlement a chargé le Conseil fédéral d'organiser un forum international de paix sur le conflit du Haut-Karabakh. L'objectif est un dialogue ouvert : sous l'égide internationale, l'Azerbaïdjan et les représentants des Arméniens du Haut-Karabakh doivent négocier un retour sûr et collectif de la population arménienne déplacée.
Population en faveur du forum de paix
Cependant, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan s'est aligné avec la position de l'Azerbaïdjan : il a informé le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) qu'un tel forum de paix n'était "pas souhaité". Cela creuse un fossé profond entre le gouvernement et l'opposition à l'approche des élections parlementaires arméniennes. En effet, l'initiative suisse est largement soutenue par la population arménienne.
Parti gouvernemental isolé
La position du Premier ministre met son parti, "Contrat civil", en difficulté. En rejetant l'initiative de paix suisse, il est en opposition avec presque toutes les autres forces politiques participant aux élections du 7 juin.
Actuellement, les huit partis et groupes suivants soutiennent l'initiative de paix suisse :
Alliance arménienne (y compris la Fédération Révolutionnaire Arménienne) Parti "Terre pour la Vie" Union Civique Nationale HayaQve (en campagne avec le parti "Arménie Forte") Parti "Mère Arménie" (en alliance avec le parti "Arménie Prospère") Alliance Démocratique Nationale Parti Républicain d'Arménie Parti "Arménie Forte" Parti "Aile de l'Unité"
Le Conseil fédéral ne doit pas céder
"Il est profondément inquiétant que le parti du gouvernement arménien, peu avant les élections, demande au Conseil fédéral d'ignorer les victimes déplacées d'une épuration ethnique. Presque aucun autre parti en Arménie ne partage cette position", déclare le Dr Joel Veldkamp, chef du public advocacy chez CSI. Veldkamp rappelle que la motion 24.4259 a été adoptée par les deux chambres du Parlement suisse comme un acte de clarté morale : "Aucune objection d'un gouvernement étranger - surtout pas de ceux qui ne représentent pas les intérêts des déplacés - ne décharge le Conseil fédéral de l'obligation de mettre en œuvre cet mandat démocratique."
Les Arméniens du Karabakh réclament l'application
L'initiative de paix suisse est vigoureusement soutenue par les dirigeants des Arméniens du Karabakh vivant en exil. Déjà en février, Ashot Danielyan, président en exercice de la République d'Artsakh (Haut-Karabakh) et porte-parole de l'Assemblée nationale, s'est adressé dans une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis. Dans celle-ci, il demandait au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) de prendre les mesures nécessaires pour appliquer le mandat du Parlement suisse.
Pas de sabotage du processus de paix
"Les 150 000 déplacés du Haut-Karabakh ne cherchent ni à provoquer une bascule géopolitique ni à saper le processus de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan", a insisté Danielyan. "Nous faisons confiance à la mise en œuvre de la motion suisse. Elle pave la voie pour les déplacés vers un retour crédible et fidèle aux principes de leur droit fondamental : le retour sûr et digne dans leur patrie."
Forum de paix plus urgent que jamais
Fin avril, Danielyan et d'autres délégués du Haut- Karabakh ont visité le Parlement suisse afin de renforcer le dialogue avec le Conseil national et le Conseil des États. Un tel forum de paix est plus urgent que jamais, depuis que le groupe de Minsk de l'OSCE a été dissous. Il avait été chargé de rechercher la paix pendant 30 ans, avant que l'Azerbaïdjan n'exige sa dissolution comme condition préalable pour la déclaration de Washington du 8 août 2025.
Une opportunité unique pour la Suisse
Depuis lors, un dangereux vide diplomatique subsiste dans la gestion des questions humanitaires fondamentales. Celles-ci incluent la protection du patrimoine religieux en péril, l'accès aux cimetières ou l'exhumation de proches pour leur inhumation en Arménie. L'initiative de paix suisse a maintenant l'opportunité unique de combler ce vide et d'offrir un terrain neutre pour ces questions urgentes de l'humanité.
Christian Solidarity International exhorte le Conseil fédéral à ne plus attendre, mais à mettre en œuvre le forum de paix conformément à la motion 24.4259 dès maintenant.
Pour plus d'informations sur l'initiative de paix suisse : www.swisspeacekarabakh.com
Contact presse : Simon Brechbühl, Directeur général CSI-Suisse, +41 44 982 33 40, simon.brechbuehl@csi-schweiz.ch Joel Veldkamp, Chef du Public Advocacy CSI, +41 44 982 33 10, joel.veldkamp@csi-int.org (E) Rolf Höneisen, Chef de la communication CSI-Suisse, +41 44 982 33 77, rolf.hoeneisen@csi-schweiz.ch
